Sang d'encre - Jill Dawson

Note : 7,5/10

Info

Jill Dawson joue entre la fiction et le réel pour créer un roman autobiographique sur la vie de Patricia Highsmith, une auteur de romans policiers des années 1960. Un bel hommage qui nous fait perdre la tête à ne plus savoir le vrai du faux…

Nous nous retrouvons alors dans un docu-fiction très bien ficelé où je vous conseille de lire les remerciements à la fin du livre pour comprendre la démarche de l’auteur.

Résumé

Patricia vient d’emménager dans un petit cottage dans le Suffolk, en Angleterre, où elle recherche la paix et la sérénité pour écrire son prochain roman. Elle s’est en même temps rapprochée de Samantha, habitant à Londres, avec qui elle entretien une liaison secrète puisque cette dernière est mariée… à un homme odieux.

Cependant, Patricia se sent sans cesse observée, épiée, comme si quelqu’un surveillait tous ses gestes. Elle jette toujours un coup d’oeil derrière son épaule lorsqu’elle se promène. Et ce sentiment empire depuis la visite d’une jeune journaliste…

Lorsque, pour le temps d’un week-end, Samantha retrouve Patricia chez elle, tout ne va pas se passer comme prévu et leur séjour va tourner au vinaigre…

« Ceux qui souffrent d’un amour non partagé se raccrochent à la moindre marque d’affection, fût-elle douloureuse. Une gifle, une remarque empreinte de froideur – tout leur est bon. »

Mon avis

C’est en me baladant dans une librairie à Namur que je suis tombée par hasard sur ce roman, l’intrigue m’a accrochée et m’a donné envie me plonger dedans. Je ne regrette pas car j’ai passé un très bon moment à lire cette histoire. Ca m’a permis aussi de découvrir l’auteur Patricia Highsmith que je ne connaissais pas du tout.

J’ai beaucoup apprécié le style d’écriture, très fluide. Il y a parfois quelques lenteurs mais elles ne m’ont pas dérangées, elles correspondent et installent l’atmosphère du roman. J’ai adoré toutes les comparaisons et métaphores judicieusement utilisées par l’auteur pour décrire les ressentis de Patricia.

Par contre, comprendre l’histoire, dissocier le vrai du faux, s’avère être une autre paire de manche. Tout est fait pour que notre cerveau soit trituré : l’utilisation tantôt de la première personne tantôt de la troisième, l’alcoolisme de Patricia qui lui fait perdre complètement la tête, le fait qu’elle écrive elle-même un roman sur sa vie inventée par Jill Dawson… On se remet alors en question à chaque chapitre.

La petite note d’originalité avec ce thriller est que nous suivons le point de vue du tueur qui cherche le plan parfait afin de ne pas être démasqué au lieu du schéma plus classique où nous enquêtons sur celui-ci. Les questionnements sont donc diamétralement opposés : Comment devons-nous mauvais ? Qu’est-ce qui poussent les gens à passer à l’acte et à tuer quelqu’un ?

Certains passages sont un peu angoissants, les pires pour moi ont été les moments où elle aperçoit la Chose, qui n’existe que dans son esprit, qui lui parle, qu’elle fuit… Ces passages montrent bien à quel point Patricia n’est plus dans la réalité… que l’alcool prend le dessus…

J’ai beaucoup aimé le personnage de son ami Ronnie, écrivain lui aussi. Il est comme la voix de la sagesse pour Patricia, elle écoute et suit toujours ses conseils. Il est d’un grand soutien pour l’héroïne contrairement à la jeune journaliste qui la pousse toujours plus dans les abîmes…

Dites-moi dans les commentaires si ce livre vous tente ou si vous l’avez déjà lu ? 🙂 Je vous souhaite de bonnes lectures 🙂 !

« Tout le monde n’est pas capable de tuer un autre être humain. C’est une idée absurde, même si elle est répandue. Capable de l’imaginer, de le désirer, nous le sommes évidemment tous. Mais passer à l’acter, c’est une autre paire de manches. »

Informations

Edition : Denoël – Page : 384

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